Transat
Il y a cinq ans à peine, 24 heures dans le pot au noir (zone de convergence intertropicale) ; là, huit jours. Il faut adapter la voilure dix fois par jour quand il ne faut pas tout affaler et mettre le moteur pour éviter de revenir en arrière. J'ai réalisé durant cette traversée qu'un petit bateau demande beaucoup plus de travail qu'un grand : celui-ci, de cinq a vingt nœuds de vent, garde toutes les voiles. Nous, nous devons ajuster à chaque fois que le vent varie de trois nœuds car si on ne le fait pas, soit on se met en danger, soit on n'avance pas. Et comme sur Morabia tout se fait sur le pont, dans ces conditions, il est presque impossible de rester sec plus de deux heures. Enfin, après huit jours de manœuvres aussi durs physiquement que moralement, on en est sorti : enfin les alisés du sud ! Presque plus d'essence ; à peine plus que les 10 litres que nous gardons toujours comme sécurité. Et le tangon perdu… après que l'embout qui le maintenait sur le mât se soit cassé. Je l'utilisais pour maintenir la voile avant en papillon lorsque on s'est prit un très gros grains.
Un grain qui deviendra une dépression tropicale, et l'ouragan Thomas par la suite.
Enfin vous l'aurez comprit, une transatlantique d'on on se souvient !
